samedi 6 novembre 2010

Glassworks : Opening *

Philip Glass - Metamorphosis One
Photo : Annie Leibovitz

La première fois que j'ai entendu la musique de Philip Glass, je devais avoir huit ou dix ans. A la fin des années 80, mes parents écoutaient en boucle Koyaanisqatsi.
A l'époque je commençais à peine à m'intéresser réellement à la musique. Je veux dire que les disques de Dorothée ne tournaient plus aussi souvent dans mon radio-cassette, et que la vieille cassette de l'album rouge des Beatles venait d'y élire domicile. Autant dire que c'était le commencement...

Alors, quand j'ai entendu les notes répétitives de Philip Glass, cet enchevêtrement de sonorités cuivrées, métalliques adoucies par des cordes sourdes, ces rythmiques infinies, ces voix aériennes, je fus pour le moins interloquée.

Il y avait quelque chose de fascinant, d'hypnotique dans cette musique, une intelligence, quelque chose de plus exigeant aussi, de moins immédiatement accessible (moins que Love Me Do et She Loves You en tout cas). Il y avait également quelque chose de profondément dramatique.
Pour la première fois de ma vie, j'entendais une musique "audiovisuelle" : une de celles qui vous racontent des histoires sans paroles, vous transportent à l'autre bout du monde ou bien au fond du jardin.
A l'époque cet album me semblait représenter la classe ultime en musique. Aujourd'hui, je serais un peu plus tempérée... on frôle parfois la surcharge sonore voire le kitch. Mais, disons que c'était les années 80... et la fin de sa période "musique répétitive".

Depuis, le compositeur a été prolifique : symphonies, concertos, oeuvres pour pianos, opéras, et de nombreuses musiques de films.
Philip Glass est devenu un compositeur plus "classique" et moins expérimental, laissant un peu de coté (sans totalement l'éliminer) l'aspect répétitif de sa musique.

Mais il garde cette dimension fascinante à mes yeux : être reconnaissable entre mille, en un instant.
Il y a toujours une ampleur incroyable dans sa musique. Il y a encore ces harmonies à la limite de la dissonance qui nous plongent dans un déséquilibre finalement agréable. Il y a toujours ces emportements rythmiques et cette profusion d'instruments...

J'éprouve un sentiment assez contradictoire face à Philip Glass dont j'aime la musique. Il est de ces artistes qui font partie de ma vie (et pour cause, j'ai grandi avec). Pourtant je ne l'écoute que très peu, et de manière boulimique. Je ne suis pas sûre d'avoir envie d'écouter toute sa discographie (je crois qu'il me faudrait une année entière pour cela). Pourtant, quand je reconnais par hasard, une de ses compositions, il faut que je l'écoute, encore et encore, jusqu'à plus soif.

C'est le cas aujourd'hui avec son oeuvre pour piano solo Metamorphosis (1989). Elle est composée de cinq parties sobrement intitulées Metamorphosis One, Metamorphosis Two, Metamorphosis Three, Metamorphosis Four, Metamorphosis Five. Glass reprend le même thème musical et le décline de multiples manières, lui donnant parfois des couleurs plus ou moins mélancoliques et intimes ou bien fortes et lyriques.

Glass a beau sembler être un théoricien, un mathématicien de la musique, il n'en reste pas moins pour moi un compositeur du sentiment.

La suite de Ma Vie avec Philip Glass est ici
Rendez-vous sur Hellocoton !

8 commentaires:

Anonyme a dit…

Quelle belle subtilité dans cet article. Magnifique.
Ameline

Jen a dit…

Merci beaucoup et bienvenue sur le Chantier !

Magic Alice a dit…

J'ai découvert Philip Glass avec le film The Hours qui m'a profondément marqué. Je crois que maintenant j'ai envie d'en découvrir plus.

Jen a dit…

Son oeuvre est finalement assez inégale, mais on y trouve des pépites ...

Françoise a dit…

Aucun rapport avec Philip Glass ( (aucun vraiment), mais "le chantier" a fait dans la belle peinture on dirait... tout bien joli.Pas tout a fait du Pollock, juste un peu 'Painting upset'.

Jen a dit…

Oui, voilà, c'est ça...
(de toutes façons je n'ai jamais sur colorier proprement alors...)

Marie a dit…

Sans rapport avec l'article, j'aime bcp ton header !

Jen a dit…

Merci !
Comme mentionné plus haut, c'est du tricoté main.

Bienvenue ici en tout cas !